16 avril 2006

Paroles d'une maman du Haut-Rhin

Au delà des pétitions et des lettres à faire parvenir à nos élus, avez-vous connaissance de mouvements qui agissent (contre-propositions, manifestations, informations auprès des relais en contact avec la petite enfance...) ?
J'ai découvert votre site car nous sommes plusieurs mamans à avoir dans l'idée de créer une crèche parentale dans un petit village du Haut-Rhin.
J'ai envie de dire que c'est presque avec effroi que j'ai lu le dossier de l'INSERM et surtout le rapport BENISTI.
Mon fils pesait 1.630 kg à la naissance. Il a 3 ans 1/2, du caractère, est un peu intempestif dans ces réactions parfois (le maître nous le fait d'ailleurs remarqué, une remplaçante a même suggéré l'idée d'un trouble....Heureusement, sa monitrice de ski le trouve plein de vie, perspicace dans ses remarques, plein de chaleur et pas avare en "je t'aime Anne, t'es ma copine", mais bon une monitrice de ski ce n'est pas fiable). Il est donc je suppose un délinquant en devenir en tout cas celà pourrait à l'avenir être marqué comme tel dans son carnet de santé.
Ah, au fait, je ne suis ni droguée, ni alcoolique, je ne fume pas, je suis issue d'une "bonne famille....et le papa aussi, pour tout vous dire il est même prof ! faudra peut être revoir les facteurs environnementaux, à moins que ce ne soit génétique...J'exagère, je raccourcis, mais c'est tellement facile pour certain de penser comme ça.
Et puis c'est marrant, une mère allemande qui parle allemand avec son fils c'est génial, il sera bilingue, c'est génial pour son développement...par contre si la mère est marocaine, c'est marrant c'est plus pareil. Là aussi je racourcis mais c'est vrai que là encore c'est plus facile de s'en prendre aux gamins plutôt que de remettre en question la politique de la ville ou la manière dont on s'occupe de comment on dit ... la 2ème et 3ème générations d'immigrés !
J'en suis malade et j'ai honte. Honte de laisser faire, de ne pas me mobiliser. C'est vrai que plutôt que d'obliger le CSA à faire son travail (en interdisant la diffusion d'émission comme "le royaume" je crois sur TF1 le samedi soir à 20h45 qui prône la torture physique et mentale quand on ne rentre pas dans le rang alors qu'on s'insurge une demi heure avant dans le journal de 20h sur les exactions du "gang de barbares"....), il vaut mieux mettre les enfants sous médicaments le plus tôt possible.
Voilà, désolée pour ces mots, mais je suis seule face à mon ordinateur et comme les enfants dorment....
En tout cas merci d'exister et j'espère que j'aurais l'occasion de vous recontacter pour vous parler de notre projet de crèche.
Très cordialement
Magali RONDEPIERRE

Et sur l’usage de la langue

J’ai pris connaissance du rapport Bénisti. En tant que mère d’origine étrangère, il est important pour moi de transmettre mes valeurs et principes mais surtout mes mots d’amour dans la langue dans laquelle je les ai moi-même reçus. Je ne pense pas que parler à son enfant dans une autre langue que le français le prédispose à la délinquance. C’est plutôt l’éducation qu’on est en mesure de lui procurer qui est importante.

Mariana Ramirez
Dans les Pyrénées

À Madame la Députée…

Éducatrice spécialisée et maman de deux enfants scolarisés, je souhaite vous faire part de mes inquiétudes sur les rapports Inserm et Bénisti et le contrat de responsabilité parentale préconisé par les instances politiques actuelles. En effet, je trouve trop facile de faire reposer la « faute » de la délinquance de leurs enfants aux seuls parents parce que l’éducation est l’affaire de la société.

De par ma profession, j’ai vu des jeunes déraper à l’adolescence alors que rien dans leur histoire ne le laissait présager et j’ai vu des jeunes que nous pensions sensibles poursuivre leur route sur le « droit » chemin. Comme quoi, même les « professionnels » du social peuvent se tromper. De plus, en tant que mère, j’ai deux enfants : un brun de 5 ans et demi et l’autre blond de 2 ans et 9 mois. Ils sont frères du même père. Je dis cela pour ne pas leur rajouter le paramètre de la famille divorcée, « décomposée », recomposée… C’est suffisamment compliqué comme ça ! Mon aîné a commencé sa scolarité à 2 ans et 3 mois en cassant les lunettes de l’Atsem en maternelle. Son geste était volontaire. À 5ans et demi, il dit régulièrement « Non ! » à son institutrice. Mon second a commis hier, à 14 h, son premier acte de délinquance en s’attaquant au bien d’autrui. Il a arraché méticuleusement toutes les fleurs en pot de mon voisin de pallier alors qu’il sait pertinemment que c’est interdit.
Par ailleurs, je tiens à préciser que mes deux enfants sont scolarisés dans une école où l’on parle aussi le patois du Sud, appelé langue occitane, celle de leur père. Seul point qui me rassure : je me sens moins coupable car, moi leur mère, je ne leur parle que le patois de France !

Je compte sur votre savoir rigoureux et scientifique pour faire le diagnostic : mes deux enfants sont-ils de futurs délinquants et le patois du Sud est-il le fautif ? Et comme vous affirmez que tout se joue avant trois ans, il ne me reste que peu de temps pour sauver mon second. Quant au premier vous pouvez déjà lui réserver une maison à 500 km de chez nous.
Merci par avance pour notre famille, et tous les autres parents qui vont se reconnaître, de vous intéresser autant à l’éducation de nos enfant.
Ceci étant, il me revient en mémoire cette question issue de mes cours de l’institut du Travail social : Aimons-nous la jeunesse ? Nos enfants ? Nos jeunes ? Cette jeunesse, qu’est ce qu’elle nous renvoie, à nous adultes, pour que l’on veille tant la bâillonner, l’étouffer afin de ne plus entendre son cri ? L’adolescence est une période de fragilité et de crise à laquelle vient s’en ajouter d’autres : économiques, politiques… La jeunesse est le révélateur de ce mal être, de ce mal de vivre… Qui en est responsable ? Seulement les parents ?

Je vous remercie par avance de l’attention que vous porterez…
Line Coignon
Dans les Pyrénées

Sur la responsabilité

Etre parent, c’est un travail de tous les jours.
En tant que parent, on se sent responsable de l’éducation de nos enfants, de leur quotidien mais on n’est pas du tout seuls. D’autres interviennent également : d’autres adultes (la famille, des voisins, tous les adultes que les enfants sont amenés à rencontrer dans les endroits qu’ils fréquentent), des institutions comme l’école, des professionnels de crèche entre autres.
On n’est pas les seuls à être concernés et on a pourtant le sentiment que lorsque quelque chose ne marche pas, on nous désigne comme responsables.

Un papa de Vénissieux

22 mars 2006

De la part de Yann B.

21 mars 2006

Judith a dit :

Un trouble de conduite chez un enfant de moins de 3 ans c'est quoi ? C'est lorsqu'il choisit de mettre une claque à un autre pour récupérer un jouet ? C'est lorsqu'il dévisage avec un air menaçant ses camarades ? C'est lorsqu'il court partout en hurlant très fort ? Ou alors c'est quand il ne parle pas ou pas bien, ou qu'il préfère jouer seul, ou qu'il ne réagit quand les autres viennent lui prendre un jouet ? Allons, soyons un peu raisonnable et arrêtons de vouloir tout contrôler ! Les enfants ne viennent pas avec des modes d'emploi ni avec des normes qu'ils devraient suivre. Laissons leur la chance d'être eux-même et de savoir qui ils sont avant de les étiqueter ! Et pourquoi pas le comportement du foetus pendant la grossesse...

Extrait d’un courrier d’Hubert Montagner

« Chers collègues,

Retraité depuis 2004 après avoir été Professeur des Universités, Directeur de l’Unité 70 de l’INSERM à MONTPELLIER et Directeur de Recherche à l’INSERM (dernière affectation : UMR CNRS 5543, Université de BORDEAUX 2), non seulement je partage votre protestation contre l’utilisation politique de l’expertise collective de l’INSERM sur “le trouble des conduites” chez l’enfant et l’adolescent, mais je conteste aussi l’expertise elle-même" »
(…)
« C’est pourquoi, plutôt que de se focaliser sur des tableaux d’indicateurs “à priori négatifs” qui paraissent refléter à tel ou tel âge des déficits, des anomalies ou des troubles chez les enfants, alors que tout peut évoluer, il est plus pertinent de créer ou d’améliorer les conditions qui conjuguent le développement et l’environnement pour que, malgré tout, le petit de l’homme “qui va mal” puisse construire, consolider ou reconstruire sa plate-forme de développement. On peut notamment s’étonner du caractère simpliste et idéologique de l’expertise collective qui vient d’être publiée par l’INSERM sur le dépistage, la prise en charge et la prévention du "trouble des conduites” chez l’enfant et l’adolescent. Comment accorder du crédit à une expertise qui ignore les remodelages, reconstructions, refondations, ajustements et accordages qui peuvent s’installer à tout âge lorsqu’on modifie l’environnement et lorsque les partenaires changent leurs conduites, même si l’enfant ne devient pas conforme à ce qu’on attend ? Comment peut-on affirmer qu’on peut détecter dès la petite enfance les signes avant-coureurs des conduites violentes, ou considérées comme telles ? Si on entre dans la logique des experts de l’INSERM, quelles sont les études réellement longitudinales qui ont permis de suivre oncrètement d’un âge à l’autre, et dans des conditions maîtrisées, l’évolution des comportements chez les enfants considérés comme plus agressifs, agresseurs ou destructeurs que la plupart de leurs pairs, et qui auraient ainsi une plus forte probabilité de devenir violents à l’adolescence ou plus tard ? Aucune recherche ne permet de l’affirmer. »

Ce texte a été rendu public lors de la Conférence de presse qui s'est tenue aujourd'hui 21 mars 2006 à l'initiative du réseau "Pas de 0 de conduite".

17 mars 2006

CyrilRG....

Bien sûr que le lien de cause à effet entre le refus d'autorité d'un enfant et le classement de délinquant juvénile n'a rien à voir.
Mon fils Jules souffrait de séparation affective suite à un retard global de développement... Il était de ce fait en oppposition avec le personnel de la 1ère crêche qu'il avait fréquenté... Mais il était suivi dans une structure (le CAMSP) et une autre crêche où le personnel formé l'a aidé à bien mieux s'intégrer. De ce fait une scolarisation adapté a pu être trouvée. Les structures existent et sont malheureusement méconnues de la plupart des parents. Qu'en est-il des CAMSP, IEM pour les + petits et ce qu'on appelle le RASED pour les écoles. Ces réseaux ont été amoindris et dégressés. Beaucoup d'entre eux sont des postes non tenus actuellement, car la formation d'instits spécialisés coûte cher... Il n'y a pas besoin de référent ou je ne sais quoi encore pour aider des enfants en souffrance. M SARKOZY semble vouloir juste dénombrer ces délinquants. Est-il sûr qu'un enfant turbulent le sera encore 10 ans après ?
Je trouve édifiant 2 choses :
- Tout d'abord quel sera le rôle de ce référent ?
- Quel sera le rôle éducatif des parents après (quand ce référent aura en charge le dossier) ?

J'attends avec impatience d'autres commentaires.

15 mars 2006

Henri GRILLET a dit...

Ces rapports BENISTI et INSERM reposent sur le raisonnement suivant:
Tout délinquant a eu des troubles psychologique dans son enfance donc tout trouble précoce est un germe à la délinquance.
C'est un raisonnement qui n'a aucune rigueur scientifique et qui est même totalement erroné.

12 mars 2006

Paroles de parents en réaction au rapport INSERM

Ce premier message pour préciser l'objet de ce blog.

Il s'agit de recueillir vos témoignages qui peuvent venir contredire le contenu des rapports INSERM et BENISTI. Ces témoignages pourront être publiés dans un recueil ou dans une revue (la Gazette de l'ACEPP) avec votre accord pour appuyer notre démarche d'opposition aux lois qui veulent contraindre la parentalité et surtout la stigmatiser. Ils serviront à construire aussi des propositions pour remplacer ces propositions de loi, afin de donner au parent, les outils qui lui permettront d'exercer pleinement sa parentalité et son rôle de premier éducateur.
Témoignez, racontez, réagissez...
Comme tout blog, les commentaires seront modérés par le créateur du blog, moi en l'occurence, Alain MARTIN-RABAUD, président de l'ACEPP.
Les commentaires pourront être transformés en message selon leur teneur et leur intérêt pour la communauté des blogueurs.
Acceptez ces modestes contraintes en publiant votre message.